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Au fond de
la vallée de Kullu ("la vallée des mille dieux"),
la petite ville de Manali, hâvre de fraîcheur et passage
obligé vers le Ladakh et les vallées plus isolées
de Kinnaur, du Spiti et du Lahaul, connaît depuis quelques années
un développement exceptionnel. Sol fertile, temples et activités
d'aventure en ont fait un véritable "eldorado" himalayen.
Manali (Etat
d’Himachal Pradesh
La « vallée des dieux », un monde idyllique mais menacé Cet afflux touristique a provoqué dans la région, depuis une quinzaine d’années, une urbanisation galopante (environ un millier d’hôtels et d’auberges à Manali et dans les villages voisins) afin de pouvoir accueillir cette surpopulation saisonnière, des nuisances environnementales non maîtrisées, un renchérissement très important du coût de la vie pour les populations locales d’origine ainsi qu’un profond bouleversement dans leur mode de vie ancestral. Les ressources traditionnelles de la vallée (agriculture vivrière, élevage des moutons et des chèvres, culture intensive des pommes) ne suffisent plus à bon nombre de familles des villages qui, si elles le peuvent, doivent s’endetter pour investir et survivre dans la jungle touristique. De même, le développement relatif d’une partie de la vallée attire de nombreuses populations extérieures, venues travailler dans les hôtels et restaurants, sur les chantiers de constructions de routes, ponts et bâtiments divers. Ces travailleurs, corvéables à merci, sont originaires en majorité du Népal, du Rajasthan ou du Bihar, l’un des Etats les plus pauvres d’Inde. Les premiers laissés pour compte de ce développement mal maîtrisé sont malheureusement, bien souvent, les enfants et même si la grande majorité des familles de la vallée réussissent à envoyer leurs enfants à l’école (publique ou privée), il existe des cas de pauvreté extrême, des enfants oubliés de la bienveillance des dieux… La situation est particulièrement critique pour plusieurs catégories d’enfants : enfants des familles sédentaires de la région : • les enfants des familles pauvres de la vallée de Kullu, des vallées du Lahaul ou du Spiti, dont les parents n’ont pas eu la possibilité de suivre le développement économique, soit du fait d’une situation déjà précaire, soit parce que l’un des parents est décédé, soit parce que leurs maigres possessions ont été emportées par un glissement de terrain ou la crue d’un torrent (comme cela arrive trop fréquemment dans ces régions de l’Himalaya…). Les enfants sont en général scolarisés dans l’école gouvernementale locale, mais cette scolarisation peut être interrompue de manière brutale parce que la famille préfèrera qu’une gamine, par exemple, reste à la maison pour s’occuper des tâches domestiques (puisque, de toute façon, elle quittera la maison paternelle à son mariage…).
enfants des familles « nomades » établies temporairement à Manali : • les
enfants des travailleurs népalais (ou d’autres
régions d’Inde, comme le Bihar, connu pour son extrême
pauvreté), engagés dans le bâtiment ou le génie
civil : certaines familles, qui vivent en général de manière
saisonnière dans des bidonvilles, arrivent à inscrire
leurs enfants dans de petites écoles privées ; en effet,
n’ayant pas d’adresse fixe, ils ne peuvent les inscrire
dans les écoles gouvernementales locales. Ces familles ont un
statut très précaire car la législation en matière
de droit du travail est très floue à leur égard
: ils peuvent perdre leur travail du jour au lendemain, sans que leur
salaire ne leur soit payé. Les enfants non scolarisés
sont donc « occupés » dès leur plus jeune
âge sur les routes de haute montagne aux côtés de
leurs mères, ou bien livrés à eux-mêmes dans
les rues de Manali…
• les enfants Rajasthanis : tout un quartier de Manali est occupé par des camps de toiles où vivent, de mars à fin octobre, plus de cent familles de « gypsies » (selon l’appellation locale…) originaires du Rajasthan, dont les hommes viennent vendre des herbes médicinales et du safran aux touristes de passage dans la région. Le reste de l’année, ces familles vivent soit au Rajasthan, soit à Ludhiana (au Penjab, où ils travaillent probablement dans les champs ou dans les filatures), soit à Delhi. De culture différente des gens de la vallée, ils sont mal compris et mal acceptés, surtout lorsque un poste de télévision couleur trône sous la tente au milieu de maigres possessions. N’ayant pas d’adresse fixe à Manali, ils ne peuvent eux non plus inscrire leurs enfants dans les écoles gouvernementales locales. En général, ces enfants restent dans le camp et, par bonheur, les parents, de souche rajpoute donc très fiers, ne les envoie pas mendier.
En septembre 2003, une enquête a été réalisée dans la totalité du camp par un membre de Maison des Himalayas, avec l’aide d’une petite ONG locale, dont le bureau est établi près de ce camp. Chaque famille a été visitée et 115 enfants de moins de 16 ans ont été dénombrés et identifiés, dont 3 seulement ont passé un ou deux ans à l’école. Les parents eux-mêmes sont totalement illettrés puisque l’enquête a révélé que deux hommes en tout et pour tout savent lire et écrire. Toutes les mères de famille interrogées ont affirmé qu’elles enverraient les enfants à l’école si une structure était mise à leur disposition. Les enfants souhaitent également aller à l’école, le besoin est donc très flagrant. Cette situation a été confirmée cette année lors d’une réunion entre les représentants de ces familles et les représentants de l’ONG locale (HPHWO : Himachal Pradesh Human Welfare Organisation). • les enfants des réfugiés tibétains : de nombreuses familles tibétaines réfugiées passent quelques mois ou quelques années à Manali, dans des camps sommaires à l’extérieur de la ville, en attendant un travail ou une autre destination. La communauté tibétaine est assez importante à Manali depuis les années 60 (Dharamsala n’est pas très loin) et certaines familles ont fort bien réussi leur intégration dans la société indienne locale. Mais la vie à Manali est assez chère et, lorsque l’entraide familiale ou confraternelle ne joue pas, d’autres se retrouvent dans le dénuement le plus complet et n’ont pas la possibilité d’inscrire leurs enfants dans les écoles « tibétaines » ou « bouddhistes » privées qui ont fleuri autour de Manali. Dans ces écoles, les enfants parrainés par des fonds étrangers restent des exceptions.
• les enfants du Zanskar : le même problème de financement de la scolarité se pose pour certains enfants venus du Zanskar, qui sont en internat notamment dans la petite école privée de Rangri (« Himalayan Buddhist Cultural Association ») à quelques kilomètres en aval de Manali. Ces enfants, issus de familles souvent très nombreuses, viennent des villages reculés du Zanskar où ils ne retournent que l’été lorsque les chemins sont praticables. Ils commencent parfois leur scolarité très tard (c’est le cas notamment des filles) et peu poursuivent des études poussées, faute de moyens. • les enfants mendiants : ils font partie du paysage indien, personne ne s’occupe d’eux ou ne veut même les voir… Dans les rues de Manali, où les devantures des restaurants et des magasins pour touristes laissent filtrer l’attrait du monde de la consommation et du bien-être, leur présence est d’autant plus criante. Ils sont là, plus nombreux à la saison touristique, simples mendiants ou cireurs de chaussures de tous âges, réclamant de l’argent, à manger ou un simple cornet de glace, envoyés par on ne sait qui, ignorés par des parents indigents ou alcooliques. A Manali, seuls quelques étrangers s’émeuvent de leurs sourires éclatants pour peu que l’on s’intéresse un peu à eux… Une école pour les enfants nomades de Manali En 2003, après plusieurs longs séjours à Manali et dans ces régions himalayennes qui nous font tous rêver, une adhérente de Maison des Himalayas a pu prendre la mesure des problèmes liés à l’éducation des enfants pauvres, sédentaires ou « nomades ». En liaison avec une petite ONG locale (HPHWO) basée à Manali, les écoles gouvernementales de la vallée (et certaines petites écoles privées) ont été visitées pour rencontrer les enseignants et identifier les enfants nécessiteux. D’autre part, une enquête a été réalisée dans le camp Rajasthani, où les besoins en matière d’éducation sont les plus criants, afin de sensibiliser les familles et dénombrer les enfants susceptibles d’être scolarisés (environ 115 enfants de moins de 16 ans en 2003…). Evidemment, les besoins sont vastes et l’on ne peut pas régler d’un coup les misères du monde… Certains projets sont cependant fort simples à mettre en place. L’un de ces projets, initié par une adhérente de Maison des Himalayas dans le cadre de l’ONG locale, vise la scolarisation des enfants « nomades » de Manali (Rajasthanis, Népalais, mendiants, etc.) afin de les inclure, au moins pendant leur séjour dans la région, dans un processus éducatif, de les sensibiliser à la nécessité d’apprendre à lire et à écrire ; le but est de les sortir de la rue ou des camps et d’amener les parents à les inscrire ensuite dans une école privée ou gouvernementale. La première phase de ce programme baptisé « une école pour les enfants nomades de Manali » a effectivement démarré au début du mois de mai 2004, par l’embauche par HPHWO de deux institutrices pour la durée du programme (mai à fin octobre), la location de deux pièces pour accueillir les enfants et quelques investissements de base. Le budget a été établi, pour cette année 2004, à la somme totale et dérisoire de 2.000 euros pour les huit mois d’enseignement, pour 70 enfants (pour commencer), financé par des dons individuels.
Sur le terrain, avec Maison des Himalayas HPHWO (l’ONG locale de Manali), grâce à ses contacts avec les enseignants et les travailleurs sociaux de la vallée, ses visites dans des zones plus reculées, est régulièrement sollicitée pour trouver une aide financière pour les enfants nécessiteux, soit pour acheter un uniforme d’écolier, des livres et des cahiers, des vêtements neufs, de la nourriture, le transport jusqu’à l’école lorsque cela est nécessaire, ou pour permettre à des adolescents de poursuivre leurs études au collège. Ces demandes sont ensuite transmises à Maison des Himalayas par le biais du comité de parrainage. Afin de soutenir le programme « une école pour les enfants nomades de Manali », les membres de Maison des Himalayas peuvent soit faire un don, soit parrainer l’un des écoliers de l’école et lui fournir ainsi une motivation supplémentaire pour étudier, acquérir une formation et un métier susceptibles de briser la fatalité du nomadisme et de la précarité. En contrepartie, il sera bien entendu exigé des familles qu’elles réinscrivent les enfants parrainés dans une école de Manali ou dans un autre établissement (la remise des fonds ne pourra se faire que sur présentation du certificat de scolarité). Sur le plan pratique, Maison des Himalayas peut compter sur la motivation de HPHWO, petit collectif de bonnes volontés locales, bien entendu entièrement bénévoles. Cette petite ONG, fondée par un Indien de la région, développe d’autres projets dans le domaine social, éducatif, environnemental, dans tout l’Etat d’Himachal Pradesh, hors de tout critère politique ou religieux (vous pouvez consulter leur site internet, en anglais : http://www.shantiom.org). Sur le terrain, pour suivre et coordonner les actions, une adhérente de Maison des Himalayas est présente à Manali et dans la région tous les étés de fin juin à octobre-novembre. Vous pouvez la contacter à tout moment, directement par email ou par l’intermédiaire de Maison des Himalayas, pour obtenir des informations supplémentaires sur les projets en cours, sur les enfants à parrainer et sur leur suivi éducatif et social.
Un
projet devenu réalité :
De mai à novembre 2004, cette petite école improvisée a accueilli gratuitement une cinquantaine d'enfants (principalement du Rajasthan, mais également d’autres communautés défavorisées), auxquels deux institutrices recrutées par HPHWO ont commencé à inculquer des rudiments de discipline, de lecture et d’écriture, à la grande joie des enfants et des parents. Les progrès de ces garçons et filles, âgés de 4 à 12 ans, furent remarquables, autant par leur capacité d’adaptation que par leurs facultés intellectuelles, négligées jusqu’à présent.
Bilan
de l'été 2005 :
A Manali,
après un hier long et rigoureux, la petite école (dénommée
localement « Prayas ») a ré-ouvert ses portes
dès le retour des familles rajasthanies début mai. A mon arrivée
début juin, j’ai constaté que le nombre d’enfants avait fortement
diminué par rapport à l’année passée : certaines familles ne
sont pas revenues, d’autres ont préféré faire travailler leurs enfants
soit, dans la rue, à la vente de safran auprès des touristes (pour
les garçons) soit, sous les tentes, aux tâches « ménagères »
(pour les filles). Au cours du mois de juillet, la fréquentation est
tombée progressivement à une vingtaine d’enfants. Pour le 15 août,
jour de la fête nationale en Inde, après une grande opération d’information
des familles rajasthanies, punjabies ou népalaises installées dans
le secteur, nous avons organisé une journée « portes ouvertes » :
une trentaine de nouveaux enfants sont venus grossir l’effectif, qui
s’est stabilisé à 45 en fin d’été et nous avons dû embaucher une troisième
institutrice locale. Parmi ces 45 écoliers, un groupe de 10 enfants (âgés de 10 à 12 ans), déjà présents l’an passé pour la plupart, savent maintenant lire et écrire en hindi, connaissent les bases du calcul. Ils ont également progressé dans l’apprentissage de l’anglais, notamment grâce à deux professeurs bénévoles qui leur ont consacré trois semaines de leurs congés en juillet et en août : Virginie, institutrice suisse, et John, professeur au prestigieux Eton College. Nous leur exprimons à nouveau toute notre reconnaissance pour leur dévouement et saluons leur faculté d’adaptation !
Malheureusement, il est rare que ces enfants
viennent tous les jours à l’école mais nous savons que cet absentéisme
ne peut leur être reproché directement. Leur motivation ferait pâlir
d’envie nos instituteurs européens ! Par contre, la sensibilisation
des parents touchés par l’illettrisme représente un travail de tous
les jours et nous y avons été aidés cette année par le président
de la communauté rajasthanie, très soucieux de démontrer sa bonne
volonté vis-à-vis des autorités locales. De multiples « barrages »
sociaux et culturels (le nomadisme, la structure de la famille, les
conditions économiques, le poids de la religion, le mariage des filles
à l’adolescence, la méconnaissance et la peur des autres communautés,
l’incompréhension de la communauté locale, la crainte de perdre une
identité forte, le système des castes… la liste est longue !)
rendent pour l’instant impossible la scolarisation en continu de ces
enfants et cette évolution ne se fera peut-être qu’à l’échelle d’une
ou deux générations. Le principal est de donner aux enfants les
armes nécessaires à leur choix de vie et à l’intégration de leur communauté
dans la nouvelle « donne » de l’économie indienne.
J’ai remis
cet été au président de la petite ONG de Manali qui gère le quotidien
de cette école la somme de 2.700 euros pour couvrir le budget de l’année :
location de deux salles dans un nouvel immeuble près du camp (que
nous devons louer à l’année) avec des toilettes, les frais d’électricité,
les salaires des trois institutrices, les livres et fournitures scolaires,
quelques menues dépenses. La
générosité des donateurs et parrains de l’école, que je souhaite remercier
de tout cœur, a permis de largement dépasser cette somme et le reliquat
est précieusement conservé pour la ré-ouverture de l’école au
printemps 2006. Cette
année, d’autres activités ont été lancées par la petite ONG :
cours de couture pour femmes nécessiteuses (l’après-midi après
l’école), cours d’informatique pour les étudiants des écoles
environnantes, dans un petit centre informatique contigu à l’école.
La
saison scolaire 2006
Dès la fin du mois de juin et jusqu’à la fin du mois d’octobre, Dominique a pu retrouver les enfants et passer du temps avec eux, pour les soutenir dans leur démarche éducative qui représente, pour cette communauté, une véritable innovation. Les points forts de cette saison scolaire 2006 :
Obstacles :
L’hiver venu… La plupart des familles rajasthanies ont quitté Manali à la fin du mois d’octobre, quelques jours après la fête de Diwali. 2007
: les années se succèdent Les débuts de la saison scolaire furent très prometteurs : certains parents de la communauté rajasthanie, arrivés plus tôt dans la saison (début avril au lieu de début mai), ont demandé eux-mêmes l’ouverture de la petite école « Prayas ». Signe d’évolution ? Nous en étions persuadés et heureux… Cependant, au fil de l’été, la fréquentation de l’école a connu des hauts et des bas, au gré des fêtes religieuses et pèlerinages que ces familles ont l’habitude de suivre, toute affaire cessante (y compris envoyer les enfants à l’école). Les enfants Parmi la quarantaine d’enfants qui ont fréquenté, plus ou moins régulièrement, l’école, nous avions toujours ce petit noyau dur de 15 enfants à la motivation sans faille, bien soutenus par leurs parents : Raju (notre petit surdoué), Ramu, Teku, Rajesh, Narayan (dit « Chunchuni »), Ashok, Maya, Rhada... Parmi les nouveaux, nous souhaitons signaler le courage et la ténacité de la jeune Mina, d’origine népalaise, qui venait tous les jours à l’école le matin et partait à midi travailler dans une famille voisine. Nitin et son petit frère Himanchu qui perdait ou « oubliait » régulièrement son cahier et son crayon et que la mère n’arrivait pas à contrôler.
Malheureusement, nous avions aussi à déplorer l’abandon de Kishan et d’Arjun (que leurs parents ont envoyé vendre du safran dans la rue) et de certaines filles les plus « âgées » (13 ou 14 ans) : Saraswati (qui avait révélé son esprit scientifique l’an passé), Sheela, « occupées » sous leur tente par les corvées familiales… Nous n’avons pas coupé le contact avec elles mais nous n’avions plus la joie de leur présence en classe. Après maintes discussions avec certains jeunes cireurs de chaussures, promesses de leur part et rendez-vous manqués, alors que nous étions prêts à leur offrir la possibilité de venir apprendre à lire et à écrire en fin d’après-midi, la situation sur ce plan-là n’a guère évolué. Ceci témoigne de la difficulté de faire sortir ces enfants de la rue, quand l’appât du gain est là, à portée de main des touristes (certains de ces jeunes « gagnent » plus d’argent parfois en une journée que nos institutrices en un mois…). D’autres sont poussés à la rue par leurs parents ou les personnes qui s’occupent d’eux en l’absence de parents. Tant que les autorités locales ne prendront pas les mesures nécessaires pour appliquer la loi (obligation d’aller à l’école jusqu’à 14 ans), cette situation perdurera dans l’indifférence générale. L’équipe enseignante
Les maîtresses Sudharshana et Kieran (salariées) ont continué leur enseignement au sein de cette école pas comme les autres, secondées par la jeune Anjeli (bénévole, 20 ans) qui a apporté son énergie et sa vitalité à l’équipe. Début septembre, Kieran nous a malheureusement quittés pour diriger la crèche municipale de Dhungri, au-dessus de Manali, où elle est maintenant employée à plein temps, avec le statut envié de fonctionnaire. Une mère de famille en situation difficile a pris le relais pendant un mois avec les tout petits et sera remplacée l’année prochaine par une nouvelle institutrice diplômée et plus compétente. Tout comme il est difficile d’apporter de la rigueur à certains jeunes étudiants de notre petite école, ce fut un vrai combat, sans cesse renouvelé, pour obtenir de l’équipe enseignante le respect des horaires, de l’emploi du temps, l’attention à chacun des enfants y compris ceux du fond de la classe, l’esprit de créativité – les habitudes de l’enseignement dans les écoles gouvernementales indiennes laissant une empreinte difficile à modifier. Les bénévoles Heureusement, nous avons eu cette saison la visite de deux jeunes et dynamiques bénévoles dont la présence a permis de développer des activités plus créatives et axées sur le développement de la personnalité de l’enfant :
Nos amis visiteurs Nous tenons tout particulièrement à remercier les visiteurs qui ont pris la peine de s’arrêter à Manali pour rencontrer les enfants, apporter jeux, vêtements, dons qui ont été redistribués soit à l’école soit auprès d’un petit orphelinat proche de l’école (association Radha). Merci tout particulièrement à Yannik Champalou, Valérie Birot et Bernadette Ducher, mais également à nos amis belges Françoise Paque et ses amis, et à Madame Annie Cumps pour leur générosité et leur soutien. Les photos de la saison scolaire 2007, moments studieux et moments joyeux, sont accessibles ici (le chargement du diaporama prend quelques secondes). Objectifs pour l’hiver 2007-2008 et la saison scolaire 2008 :
Une mention spéciale… Non loin de l’école, au dernier étage d’un bâtiment privé, se trouve l’orphelinat de l’association Radha. Nous tenons à saluer le courage, la ténacité et la créativité de Madame Sudharshana Thakur, qui a créé il y a plus de dix ans ce qui devenu, au fil des enfants recueillis, une véritable famille accueillant une quinzaine d’enfants sans parents (ou abandonnés, notamment les parents divorcés ou séparés – situation malheureusement commune dans la région). Les deux-tiers des enfants sont très jeunes et sont scolarisés dans l’orphelinat, les enfants plus âgés fréquentent l’école privée DPS de Dhungri où ils bénéficient d’un très bon enseignement en anglais. Le but de cette femme de cœur est de donner la meilleure éducation possible aux enfants recueillis, afin d’assurer leur indépendance dans le futur.
Nous avons de notre côté souhaité aider financièrement cette femme dévouée, chaleureuse et généreuse en solutionnant, au moins pour quelques mois, son principal problème : dix mois de loyer ont été réglés en avance au propriétaire (y compris les retards de paiement), afin que l’hiver soit le plus serein possible pour l’ensemble de cette petite communauté si attachante.
2008
: Coopération transfrontière Pour la 5ème "saison scolaire" consécutive, l'école Prayas a ouvert ses portes le 1er mai 2008. Entre 20 et 30 enfants fréquentent l'école, malgré l'interdiction (de plus en plus appliquée, semble-t-il, par les autorités locales) faite aux enfants de travailler dans les rues. Une innovation intéressante, cette année : une association de jeunes bénévoles britanniques, oeuvrant dans la vallée sous le nom de "Kullu project", présents à Manali depuis le mois d'avril, viennent apporter leur complémentarité aux projets de MdH. Malgré leur très forte implication sur le terrain (voir leur blog en langue anglaise), deux bénévoles, Lynn Shuttleworht et Kevan, trouvent le temps de passer deux matinées par semaine à l'école Prayas pour inculquer aux enfants des rudiments d'anglais, de manière ludique et attractive. Nous espérons pouvoir mettre des photos en ligne prochainement. Kris MacKay, à l'iniative du "Kullu project", et Lynn ont également prêté main forte dans le suivi des parrainages. Un nouveau projet commun est en train de voir le jour entre nos deux associations, mais nous n'en disons pas plus pour l'instant ! Dominique sera sur place de mi-août à mi-décembre, la recherche de fonds pour le projet Handimachal ayant nécessité de décaler son séjour annuel à Manali.
Et toujours… Plus que jamais nous intensifions notre action sur ce projet, en essayant d’inclure dans ce processus de scolarisation les enfants des rues (mendiants, cireurs de chaussures, etc.). Dominique est maintenant bien connue de ces enfants et jeunes adolescents, happés par le mirage du tourisme et souvent de la drogue, qui n’ont pas encore pu concrétiser leur désir (apparent ou réel) de venir à l’école, malgré toutes leurs promesses... Nous souhaiterions également convaincre les parents des meilleurs élèves de les inscrire dans de véritables écoles, à l’année, mais cette proposition d’intégration connaît encore un vif barrage culturel de la part des familles. Enfin, le volet médical et sanitaire n’est pas négligé : vaccinations, visites régulières chez le médecin, un long travail de sensibilisation doit être fait auprès des parents, en général illettrés et mal informés.
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